Programmation du mardi

Mardi 17 novembre 2015

7 h 30 – 9 h

Inscriptions et petit déjeuner 

9 h – 10 h 30

Conférences plénières

Mot d’ouverture : Mme Arlène Gaudreault, présidente, Association Québécoise Plaidoyer-Victimes 

Conférenciers:

M. Robert Cario, Professeur émérite, Président, Institut Français pour la Justice Restaurative

Mme Michèle De Kerckhove, Présidente, Institut National d’Aide aux Victimes et de Médiation, France

M. Lode Walgrave, Professeur émérite, Université Leuven, Belgique 

 

10 h 30 – 10 h 45

Pause  

 

10 h 45 – 12 h

Ateliers 

BLOC C

La justice restaurative en France : une nouveauté législative qui succède à des expériences menées depuis 5 ans

[Traduction français-anglais]
Auteurs:
  • Mme Géraldine Blin, directrice fonctionnelle des services d’insertion et de probation (SPIP) du Val d’Oise (95)
  • M. François Goetz, Directeur de la maison centrale de Poissy
  • Mme Marie-Josée Boulay, témoignage

Résumé de la présentation :

Avec la justice restaurative, le conflit devient l’affaire de tous. Réintégration du collectif sur fond d’humanisation des rapports sociaux, elle s’incarne par des dispositifs simples et efficaces.
Trois expériences ont eu lieu depuis 5 ans en France avant même le vote de la loi qui en pose le principe.
La première à été menée à la maison centrale de Poissy en 2010. Les participants étaient victimes ou auteurs de faits d’une extrême gravité. Un partenariat fort s’est alors noué avec les associations d’aide aux victimes.
L’expérience a été déclinée en milieu libre par un service de probation avec auteurs et victimes de vols avec violences. L’intérêt a été manifeste par la participation au processus de desistance des uns, à l’apaisement des autres et à la restauration d’un lien social rompu.
Enfin des cercles de soutien et de responsabilité ont été développés par un autre service de probation pour soutenir des personnes condamnées, isolées socialement et capables de récidiver. Les bénévoles accompagnent et les professionnels se tiennent à leurs côtés.

Deux nouveaux programmes de mesures de rechange au Québec : l’un en milieu autochtone et l’autre général pour adultes

Auteurs:
  • Maître Renée Madore, Sous-ministre associée, direction générale de l’accès à la justice, directrice des orientations et politiques, Ministère de la justice du Québec 
  • Maître Myriam Cantin, avocate,  direction générale de l’accès à la justice, direction des orientations et politiques, Ministère de la justice du Québec
  • Maître Marie-Ève Thériault, avocate,  direction générale de l’accès à la justice, direction des orientations et politiques, Ministère de la justice du Québec

Résumé de la présentation :

État d’avancement de deux projets au ministère de la Justice du Québec (Direction des orientations et politiques), en partenariat avec le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), le Ministère de la Sécurité publique (MSP) et d’autres organismes publics et communautaires :
  • un programme de mesures de rechange en milieu autochtone;
  • un programme de mesures de rechange général pour adultes.
Ces programmes de mesures de rechange sont élaborés suivant l’article 717 (1) a) du Code criminel.

De la responsabilisation à la réparation en contexte de violence conjugale masculine

Auteurs:
  • M. Robert Ayotte, directeur du Centre d’intervention pour hommes aux comportements violents L’Accord Mauricie
  • Mme Nancy Gough intervient en violence conjugale masculine depuis plus de 25 ans. Elle a mise sur pied la Maison d’aide et d’hébergement L’Émergence
  • Mme Monic Caron, directrice de la Maison d’aide et d’hébergement où elle œuvre maintenant depuis plus de 25 ans

Résumé de la présentation :

Au Québec, quelque 25% des infractions contre la personne sont commises dans un contexte conjugal. La présentation abordera entre autres : la détresse des personnes exposées à ces violences, les moyens qui pourraient permettre d’obtenir «réparation»; l’importance de la reconnaissance de responsabilité chez l’agresseur; les dénominateurs communs à nombre d’agresseurs conjugaux, dont la recherche d’une responsabilité partagée et le recours à diverses justifications; les moyens de déconstruire ces justifications; les préoccupations particulières qui devraient encadrer la pratique de la justice réparatrice dans ces situations

Éducation en matière de justice réparatrice : Outils et expériences de la salle de classe

[En anglais]
Auteurs:
  • Mme Alana Abramson, chargée de cours en criminologie, Université polytechnique de Kwantlen; coordonnatrice, projet Alternatives to Violence; formatrice en justice réparatrice, initiatives de justice communautaire de la région du Fraser; et experte-conseil, Crisis and Trauma Training Institute
  • Mme Barbara Tomporowski, analyste principale des politiques, ministère de la Justice de la Saskatchewan; coprésidente, Groupe de travail fédéral-provincial-territorial (FTP) sur la justice réparatrice; professeure de justice réparatrice, Université de Regina

L’institutionnalisation de la justice réparatrice dans les écoles : Comprendre le changement organisationnel

[En anglais]
Auteurs:
  • Mme Diane Crocker, professeure agrégée, Département de sociologie et de criminologie, Université Saint Mary’s
  • M. Scott Russell, étudiant à l’Université Saint Mary’s

Résumé de la présentation : Éducation en matière de justice réparatrice : Outils et expériences de la salle de classe 

[En anglais]
La séance fait appel à l’expertise en milieu universitaire et professionnel ainsi qu’à l’expérience personnelle des conférencières dans le domaine des cours sur la justice réparatrice et la médiation dispensés au niveau universitaire. Il y aura également échange d’information sur l’élaboration de programmes de justice réparatrice, y compris la médiation par les pairs et les démarches de « l’école dans son ensemble » aux niveaux élémentaire et secondaire. La séance décrira les approches de transformation dans l’éducation en matière de justice réparatrice et fera ressortir l’importance d’utiliser des méthodes d’enseignement qui cadrent avec les valeurs, les principes et les pratiques de la justice réparatrice. L’exposé décrit les approches de transformation de l’éducation réparatrice et leurs liens avec des questions plus générales comme la citoyenneté, les relations saines et la lutte contre l’intimidation. Il aborde les défis de l’enseignement de la justice réparatrice dans les milieux éducatifs traditionnels, souligne ce que les conférencières ont appris de leur expérience d’enseignement et fait part des outils et des stratégies pour l’éducation des étudiants de manière à refléter les valeurs, les principes et les pratiques de la justice réparatrice. Il fournit des exemples pratiques et traite de la puissance transformatrice des méthodes de justice réparatrice dans les salles de classe. Les participants peuvent s’attendre à être initiés à la théorie et à la pratique des approches de justice réparatrice appliquées à l’éducation et à se voir proposer des idées et des outils concrets à mettre en pratique dans leur propre milieu pédagogique.

Résumé de la présentation : L’institutionnalisation de la justice réparatrice dans les écoles : Comprendre le changement organisationnel

[En anglais]
Depuis quelques années, la justice réparatrice est devenue une solution de rechange viable aux approches de tolérance zéro en matière de discipline dans les écoles. Grâce à la justice réparatrice dans les écoles, on tend à ne plus percevoir les problèmes de comportement comme une « violation des règles » et à se concentrer plutôt sur les effets négatifs des comportements.
Le passage de la tolérance zéro à la justice réparatrice constitue un changement énorme pour les administrateurs scolaires et les enseignants. Dans le cadre de l’exposé, on examine en détail le processus de changement au moyen d’une étude de cas sur une école en Nouvelle-Écosse (Canada) qui a adopté les principes de la justice réparatrice. L’exposé décrira la façon dont l’école, qui misait sur les punitions et les récompenses, est devenue celle qui incarne les principes et les pratiques de la justice réparatrice.
Au cours de l’exposé, nous dessinerons un cadre appelé « sens de la logique critique » conçu pour comprendre le changement organisationnel afin de renforcer notre compréhension de ce qui est arrivé à l’école dont nous avons étudié le cas. Nous répondons à la question suivante : « Comment les enseignants donnent-ils un sens à la transition vers la justice réparatrice? » Nos réponses aideront à guider les personnes intéressées à transformer une organisation en un environnement davantage axé sur l’approche réparatrice.

Réflexions et analyses découlant du Programme de justice collaborative d’Ottawa : Travailler avec les cas de crimes graves

[En anglais]
Auteurs:
  • Mme Amber Montgomery, travailleuse sociale, Programme de justice collaborative
  • Mme Cindy Ayala, travailleuse sociale, Programme de justice collaborative
  • Mme Tanya Rugge, conseillère principale de recherche, Unité de la recherche correctionnelle, Sécurité publique Canada

Résumé de la présentation :

Le Programme de justice collaborative a été établi en 1998 au palais de justice provincial d’Ottawa. À titre de projet pilote, il visait à démontrer qu’une approche réparatrice dans les cas de crimes graves offrirait une expérience beaucoup plus satisfaisante. Le PJC prévoit un processus parallèle au système de justice et donne aux parties la possibilité de collaborer pour trouver une proposition de règlement valable et appropriée au moment de la détermination de la peine.
Dix-sept ans plus tard et malgré de nombreux défis, le PJC accepte encore des cas de crimes graves, avant la peine, une approche qui reste unique au sein de la collectivité de la justice réparatrice.
Par leur exposé, les travailleuses sociales du PJC mettront en relief des histoires individuelles et aborderont les éléments les plus intéressants qu’elles ont été à même d’apprendre dans le cadre de ce travail très important.
L’exposé comprendra également des résultats empiriques de l’évaluation du PJC et son incidence sur les participants, élargissant ainsi la base empirique sur les pratiques de justice réparatrice. Les résultats suivants sont abordés : l’atteinte des objectifs du programme; la satisfaction des besoins des clients; la satisfaction des clients à l’égard de l’approche de justice réparatrice par opposition au processus de justice traditionnel; les répercussions psychologiques et physiques sur les participants; et la réduction du risque de récidive des délinquants participants à l’intérieur d’une période de suivi de 10 ans.

Questionnaire Jagtam en agirs délictueux : outil complémentaire d’intervention en justice réparatrice

Auteurs:
  • M. André Therrien, psychosociologue et concepteur de la Gestion expérientielle (1986), approche originale d’intervention sociale
  • M. Alain Desmarais, directeur MAVN
  • Mme Maïli Daigle, titulaire d’une maîtrise en psychoéducation et candidate au doctorat en psychologie clinique à Université du Québec en Outaouais

De travaux communautaires à démarche de réparation : genèse d’une transformation de pratique au sein des organismes de justice alternative (ROJAQ)

Auteurs:
  • M. Pierre Marcoux, directeur du Pont et président du Regroupement des organismes de justice alternative du Québec
  • Mme Isabelle Jean, intervenante, Ressources alternatives Rive-Sud

Résumé de la présentation : Questionnaire Jagtam en agirs délictueux : outil complémentaire d’intervention en justice réparatrice

Le psychosociologue André Therrien a développé une approche d’intervention tenant compte de la dynamique des expériences de plaisir et de douleur-souffrance. L’un des outils de réflexion est le questionnaire JAGTAM© basé à l’origine sur les modes de vie Tamanoir et Jaguar au Brésil (Curt Nimuendajú, anthropologue).
Entre 2005 et 2015, Mesures alternatives des Vallées du Nord (MAVN) et l’Association québécoise de la Gestion expérientielle (AQGE) ont créé conjointement le Jagtam en agir délictueux© en fonction d’une population adolescente présentant des comportements délictueux. Une étude préliminaire a permis de créer la première version et celle-ci fut ensuite améliorée lors d’une consultation avec les intervenants des OJA du Québec.
Le questionnaire Jagtam en agir délictueux© établit six profils d’intention de comportements (le Jaguar, le Tamanoir, le Serpent, l’Aiglon, la Hyène et le Caméléon). Chacun fait référence à un répertoire de caractéristiques impliquées dans la prise de décision chez les contrevenants et permet un accompagnement plus judicieux dans leurs mesures de réparation ainsi que dans leurs prises de décision futures.
L’atelier prévu lors du Symposium prévoit présenter la démarche et les résultats préliminaires liés au questionnaire Jagtam en agir délictueux©.

Résumé de la présentation : De travaux communautaires à démarche de réparation : genèse d’une transformation de pratique au sein des organismes de justice alternative (ROJAQ)

La mesure de travaux communautaires dans le système de justice pénale pour adolescent existe depuis plus de trente ans. Depuis, une multitude de recherches ont fait état de la perte de sens et la coexistence de plusieurs objectifs contradictoires. Fort de ces constats, le ROJAQ a procédé à une refonte des pratiques afin de redonner un véritable sens de réparation, aux mesures que nous administrons. La présentation fera état des constats de départ, de la méthode de travail et des impacts pour la mesure de travaux communautaires.
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12 h  – 13h15

Pause

13h15 – 14 h 30

Ateliers 

BLOC D

Justice réparatrice, traitement des délinquants et récidive : Un point de vue de la recherche

[Traduction français-anglais]
Auteurs:
  • Mme Tanya Rugge, conseillère principale de recherche, Unité de la recherche correctionnelle, Sécurité publique Canada

Résumé de la présentation :

Beaucoup de programmes de justice réparatrice (JR) ciblent les délinquants présentant un risque de faible à moyen, mais un plus grand nombre de programmes commencent à cibler les délinquants à risque élevé qui ont commis des crimes plus graves. Les délinquants à risque élevé ont généralement un large éventail de « besoins » liés à leur activité criminelle qui requièrent des services de traitement spécifiques. Les programmes de justice réparatrice ont divers objectifs, et une question qui fait l’objet d’un débat consiste à se demander si la récidive est un objectif approprié des processus de JR. Si l’un des objectifs est de réduire la récidive, alors il peut être utile d’envisager la recherche et les pratiques exemplaires associées à la connaissance sur le traitement correctionnel efficace, la réhabilitation des délinquants et les moyens efficaces pour changer les comportements. Des analyses empiriques des documents portant sur le traitement des délinquants ont montré que des interventions ciblées peuvent réduire grandement le risque de récidive. De même, des données empiriques portent à croire que la JR, parmi beaucoup d’autres résultats positifs, peut également réduire la récidive. L’exposé passera en revue la recherche respective, mettra en évidence l’importance du traitement des délinquants lié à la réduction de la récidive et explorera l’utilité éventuelle de combiner la JR avec les pratiques efficaces de réhabilitation du délinquant pour renforcer l’impact des pratiques de la JR sur la récidive et accroître la sécurité publique. Il sera également question des répercussions de cette proposition d’intégration.

Nouvelle loi et nouvelles opportunités pour l’intervention?

Auteurs:
  • Mme Sylvie Hamel, professeure au département de Psychoéducation à l’Université du Québec à Trois-Rivières et chercheuse au Centre international de criminologie comparée

Les tentatives d’implantation d’un programme inédit de médiation pénale en justice pour les adolescents au Québec

Auteurs:
  • M. Pascal Dominique-Legault, candidat au doctorat et assistant de recherche
  • Mme Catherine Rossi, professeure, Université Laval, Québec

Résumé de la présentation : Nouvelle loi et nouvelles opportunités pour l’intervention?

Les changements que la LSJPA entraînent avec elle font face encore aujourd’hui à un certain nombre d’obstacles. Ces derniers seraient reliés notamment et apparemment à quelques réticences à l’endroit du travail des organismes de justice alternative, ou encore à une méconnaissance des objectifs de leur intervention.
C’est pourquoi cette présentation veut revenir sur les fondements de la justice réparatrice pour explorer ensuite les champs de la psychologie communautaire et du développement social communautaire. La conférencière souhaite ainsi illustrer comment la cible communautaire peut être utile et complémentaire pour favoriser le développement des jeunes, peu importe qu’ils soient délinquants ou non.

Résumé de la présentation : Les tentatives d’implantation d’un programme inédit de médiation pénale en justice pour les adolescents au Québec

En 2009, les Centres jeunesse et les Organismes de justice alternative du Québec ont créé conjointement un projet pilote de médiation pénale destiné aux adolescents judiciarisés et à leurs victimes, à l’étape du prononcé de la peine, pour les cas d’infractions les plus graves. La pratique, nommée « Dialogue au moment du rapport pré-décisionnel » (D-RPD), intervient à un moment bien particulier du processus judiciaire : après que le contrevenant ait été déclaré coupable, mais avant le choix de la peine. Si la phase de pilotage du projet est officiellement terminée, que certaines organisations donnent leur feu vert au développement de cette initiative, l’implantation du programme demeure un réel défi, puisque certaines institutions se questionnent activement sur l’articulation et les enjeux d’un tel programme. Cette présentation permettra de faire état, sous forme de propos d’étape, de quelques résultats intermédiaires d’une recherche, débutée en 2013, visant à explorer, à l’aide d’une démarche exploratoire qualitative, les perceptions d’une soixantaine de participants (professionnels et bénéficiaires), répartis dans quatre régions du Québec. Une réflexion sur une mutation importante visant les pratiques de D-RPD, constatée depuis leur conceptualisation initiale, sera à l’ordre du jour.

Les ateliers retour à l’esprit : pour créer des rapports porteurs de sens entre autochtones et non-autochtones

Auteurs:
  • Mme Lucie Painchaud, Centre de justice réparatrice de Québec
  • Mme Rose-Anne Gosselin, Membre de la Première Nation algonquine de Timiskaming

Résumé de la présentation :

Développés en 2001 dans l’Ouest canadien par Marc Pizandawatc, un Anishnabe de Kitigan Zibi et Sr Ann Thompson du diocèse de Mackenzie-Fort Smith, les ateliers Retour à l’esprit construisent la paix suite au legs des pensionnats où des enfants des Premières nations et Inuits ont été envoyés. L’originalité du programme est d’associer Autochtones et non-Autochtones dans une démarche de croissance personnelle et de réconciliation où l’on touche la question des pensionnats sans s’y arrêter exclusivement. Les personnes qui s’inscrivent à ces ateliers peuvent avoir vécu directement l’expérience des pensionnats; être les descendants de personnes qui les ont vécus; travailler ou être solidaire avec les Autochtones; être touchées par les témoignages d’ex-pensionnaires; avoir été incarcérées. Elles ont en commun un réel désir de cheminer vers une réconciliation avec soi, avec les autres et avec la vie. Suite aux ateliers, ils et elles expérimentent des relations plus solides, une meilleure insertion sociale et une appréciation plus développée de la valeur de chaque interaction humaine. L’organisme Returning to spirit a été fondé en 2008 et travaille en partenariat avec le Centre de Justice réparatrice de Québec depuis 2013.

Rencontres entre personnes concernées par des crimes apparentés : une démarche québécoise innovatrice qui a fait ses preuves

Auteurs:
  • Mme Estelle Drouvin, coordonnatrice du Centre de services de justice réparatrice depuis 2009
  • M. Raoul Lincourt, président du Centre de services de justice réparatrice (CSJR) depuis sa création en 2001

Résumé de la présentation :

Depuis près de 15 ans, le Centre de Services de Justice Réparatrice offre au Québec un service unique consistant à permettre la rencontre de personnes ayant été condamnées pour un crime particulièrement grave (meurtre, agression sexuelle intra ou extra-familiale, voies de fait graves etc.), de personnes victimes du même type d’événement (victimes directes ou par ricochet), et de personnes citoyennes, bénévoles, représentant la communauté.
Inspiré de l’approche humaniste en médiation pénale mais aussi des traditions autochtones, ce type de rencontres, basées sur le volontariat et la confidentialité, bien qu’encore marginales, se trouve de plus en plus reconnue par les institutions comme par la société civile.
Quelle est la spécificité de cette démarche unique créée au Québec ? Pourquoi faire se rencontrer des (ex)-détenu(e)s et des personnes ayant été victimes qui ne se connaissent pas? Que peuvent bien attendre les participant(e)s à de telles rencontres?
Cet atelier visera à présenter les services disponibles au Québec, les conditions pour y avoir accès, les besoins auxquels ils répondent, les effets constatés. Un témoignage d’une personne ayant participé à cette démarche permettra d’en comprendre les rouages et enjeux.

Changer les points de vue : Comment les groupes d’accompagnement en situation de conflit donnent lieu à des médiations réussies pour les familles à haute incidence de conflit

[En anglais]
Auteurs:
  • Mme Marie-José Van der Zande, étudiante à la maîtrise, Peace and Conflict Studies Program, Collège universitaire Conrad Grebel, Université de Waterloo
  • M. Jason Spencer, spécialiste de la justice réparatrice, Community Justice Initiatives de la région de Waterloo

Résumé de la présentation :

En 1974, la région de Waterloo, en Ontario, au Canada, a été le site de la première médiation entre victimes et délinquants. L’organisation Community Justice Initiatives (CJI) de la région de Waterloo est née de cette solution innovatrice pour la résolution des conflits découlant du crime. Depuis, CJI est devenue une organisation unique qui met en œuvre des mesures réparatrices dans de nouveaux contextes, y compris la réinsertion sociale après l’incarcération, le traumatisme associé à la violence sexuelle et plus encore. CJI va également au-delà des programmes individuels en mettant en place une « collectivité juste », où la première approche face au conflit, au crime et à la violence est l’approche réparatrice.
L’exposé portera sur les objectifs et les résultats du volet « accompagnement en situation de conflit » des programmes centrés sur la famille (FCP) de CJI. Les FCP offrent des services de réconciliation pour les familles à haute incidence de conflit qui ont affaire au système de protection de l’enfance. Les groupes d’accompagnement en situation de conflit visent à changer les points de vue des membres de la famille afin qu’ils puissent participer à des réunions de famille en tirant parti de leurs forces et en évitant des habitudes de communication difficiles qui consistent à blâmer les autres et à être sur la défensive. Le public pourra participer à un exposé interactif qui démontrera les activités utilisées dans les groupes d’accompagnement en situation de conflit et discuter de l’impact de ces activités.

Éducation en matière de justice réparatrice : Pratique introspective et cruciale

[En anglais]
Auteurs:
  • Mme Brenda Morrison, directrice du Centre pour la justice réparatrice à l’Université Simon Fraser et professeure agrégée à la School of Criminology de l’Université Simon Fraser

Le dialogue interconfessionnel en tant que collectivité réparatrice

Auteurs:
  • M. Lloyd Bruce, agent des opérations, Services d’aumônerie, Kairos Pneuma Chaplaincy, ordonné par l’Église unie du Canada

Résumé de la présentation : Le dialogue interconfessionnel en tant que collectivité réparatrice

Prestataire de services d’aumônerie interconfessionnels dans les pénitenciers fédéraux du Canada, Kairos Pneuma Chaplaincy connaît bien l’importance des conversations axées sur la conciliation réparatrice et estime que le dialogue interreligieux est un fondement des collectivités réparatrices. L’exposé cherchera à mettre en évidence les caractéristiques de l’orientation interconfessionnelle et les étapes nécessaires pour un dialogue authentique qui peut conduire à la collectivité réparatrice.

La justice alternative en milieu scolaire, préscolaire et dans le sport

Auteurs:
  • M. Olivier Ouellet, intervenant communautaire à l’Interface
  • Mme Michèle Gariépy, directrice de Pactes Bois-Franc
  • M. Tony Tapin, intervenant à Justice alternative Saguenay

Résumé de la présentation :

Les conflits font partie de la vie et le milieu scolaire ainsi que sportif n’y échappe pas. Conflits, violence, gestion des manquements, politique d’harcèlement, place des victimes et des contrevenants… Comment prévenir les situations conflictuelles avant qu’elles ne s’aggravent? Comment la justice réparatrice y prend-elle sa place? L’atelier permettra de présenter différents projets avec des centres de la petite enfance, des écoles, des commissions scolaires, des camps de jour et des associations sportives.

Place et rôle de l’émotion en justice réparatrice : Étude du cheminement émotionnel d’ex-contrevenants dans un processus réparateur

Auteurs:
  • Céline Fantini, titulaire d’une maîtrise en droit criminel et d’une maîtrise en criminologie

Dans l’âme des rencontres restauratives : l’effet « Argo » ou le parcours identitaire des participants

Auteurs:
  • M. Erwan Dieu, criminologue clinicien et co-directeur de l’Observatoire des violences (ARCA), chercheur en psycho-criminologie au laboratoire CIAPHS de l’Université de Rennes 2
  • Mme Astrid Hirschelmann, maître de conférence en Psychopathologie et Criminologie, directrice adjointe du centre interdisciplinaire d’analyse des processus humains et sociaux, Université Rennes 2

Résumé de la présentation : Place et rôle de l’émotion en justice réparatrice : Étude du cheminement émotionnel d’ex-contrevenants dans un processus réparateur

Après avoir abordé dans un premier temps la question de la place et du rôle de l’émotion en justice réparatrice, la conférencière présentera les résultats de sa recherche universitaire traitant du cheminement émotionnel d’ex-contrevenants engagés dans un processus de justice réparatrice. Si des études s’intéressent aux trajectoires de vie de criminels engagés dans un processus réparateur, aucune n’approfondit leurs « trajectoires de vie émotionnelle » bien que l’expression émotionnelle au sein d’expériences de justice réparatrice ait été décrite comme étant garante de l’efficience des expériences voire comme un préalable à ces dernières.
Quatre anciens contrevenants ayant réalisé une expérience de justice réparatrice (Rencontres-Détenus-Victime, et/ou face-à-face, ou réparation directe avec leur victime) ont été interviewés. L’analyse des données empiriques met en évidence deux périodes émotionnelles distinctes chez les ex-contrevenants : un cheminement en état de « fermeture » puis d’« ouverture » émotionnelle. Pour chaque état émotionnel sont présentés les différentes composantes émotionnelles qui les constituent (émotions/cognitions/comportements) et les changements émotionnels qui en résultent. La transition entre le passage d’un état de fermeture à un état d’ouverture émotionnelle, ainsi que l’expérience de justice réparatrice, ont été minutieusement étudiées. De ces analyses a émergé le concept de « point tournant émotionnel », clé de voûte du cheminement car constituant un préalable à la participation à un programme réparateur, et le baromètre de l’effet réparateur des expériences.

Résumé de la présentation : Dans l’âme des rencontres restauratives : l’effet « Argo » ou le parcours identitaire des participants

Qu’est-ce que la « restauration » des protagonistes ? Après avoir supervisés pendant trois ans un programme de Justice restaurative, nous avons modélisé l’effet « Argo ». S’arrêtant de port en port pour remplacer une pièce jusqu’à l’absence de matériau d’origine, le voyage du navire d’Argo questionne l’identité finale du bateau : est-il toujours le même navire ? Les mouvements identitaires progressifs traversés dans la Justice restaurative soulèvent la même interrogation : que traversent les sujets et sont-ils toujours les mêmes ? La proposition d’expérimenter son schéma de valeurs revient à placer l’individu au carrefour de différents axes identitaires (passé-antérieur/futur-substitutif, moi/autrui, incertitude). La relation entre les acteurs connait trois phases et chacune d’elles demeure essentielle dans l’expérience nietzschéenne de soi-même : « amor fati » (accepter sa fatalité), « se créer liberté », « deviens qui tu es ».
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14 h 30 – 15 h

Pause 

15 h – 15 h 30

Conférence plénière :

M. Jacques Faget, Professeur émérite, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po Bordeaux, France

15 h 30

Clôture du symposium