Les PowerPoints des ateliers

BLOC A

Le Service correctionnel du Canada : Le continuum des services offerts aux victimes d’actes criminels

Auteurs:
  • Mme Marie-Amélie Tremblay, agente des services aux victimes au sein du Service correctionnel du Canada.
  • Mme Rachel Desmarais, agente des services aux victimes au sein du Service correctionnel du Canada.

Résumé de la présentation :

Cet atelier fera tout d’abord un survol de l’évolution du rôle des victimes au sein du système pénal fédéral ainsi que sur la place accordée à celles-ci depuis les récentes modifications législatives. Il sera donc question du type d’information que le Service correctionnel du Canada (SCC) et la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) peuvent divulguer aux victimes, des moyens permettant aux victimes de se faire entendre dans le processus décisionnel du SCC et de la CLCC et des contraintes légales auxquelles elles peuvent être confrontées dans l’exercice de leurs droits.

Médiation citoyenne : partenariat et accès à la justice

Auteurs:
  • Mme Chantal Guillotte, directrice adjointe du ROJAQ
  • M. Luc Simard, directeur de l’Interface
  • Mme Sandy Grenier, médiatrice et intervenante sociocommunautaire

Résumé de la présentation :

Les difficultés liées à l’administration de la justice font souvent l’objet de discussions et de recherches. D’ailleurs, plusieurs intervenants ont mis en lumière la hausse des demandes d’accès aux droits, l’augmentation des délais dans le traitement des situations et surtout l’augmentation des coûts de la justice. Ces constats sont généralement accompagnés de mesures visant à rendre la justice plus accessible, parmi lesquelles figure le recours aux mécanismes de prévention et de règlements des différends. Cet atelier expliquera un de ces mécanismes soit la médiation citoyenne, mettra en lumière l’implication des citoyens à titre de médiateurs et les différents partenariats mis en place avec les Centres de justice de proximité, les HLM, les COOP d’habitation et les ressources pour les aînés.

L’implantation des programmes de médiation scolaire au primaire : limites et enjeux

Auteurs:
  • Mme Jennifer Grenier, diplômée d’un baccalauréat en sciences sociales, criminologie et sociologie de l’Université d’Ottawa

Victimes et concept de victime

Auteurs:
  • M. Jean Claude Bernheim, criminologue, chargé de cours à l’Université Laval. Il est l’auteur de quatorze volumes

Résumé de la présentation : L’implantation des programmes de médiation scolaire au primaire : limites et enjeux

La médiation scolaire fait partie des dispositifs créés afin de répondre à la tendance actuelle à la dénonciation de la « violence en milieu scolaire ». Sorte de solution prodige à la sur-visibilité des tensions quotidiennes identifiables en milieux éducatifs, la médiation scolaire pose de nombreuses questions, traditionnellement réduites à celles de la conciliation de la fonction régulatrice de la médiation avec le statut d’enfant dans un établissement scolaire, ou encore à celle des bénéfices qui peuvent découler de la pratique de médiation au regard de la relation éducative.
Une recherche qualitative exploratoire, débutée en 2013, a investigué la question de l’originalité de tels dispositifs à l’égard des contraintes pratiques posées par le devoir de réponse à la « violence » imposé désormais aux établissements scolaires. Pour ce faire, des entrevues semi-dirigées ont été réalisées dans une dizaine d’écoles primaires du Québec, écoles qui bénéficient pourtant, préalablement, d’une culture propice à la prise en charge et à l’appropriation de tels programmes de médiation. Ciblés sur les orientations prises par différents acteurs occupés à implanter des projets de médiation dans leurs milieux respectifs, les résultats de cette recherche permettront d’ouvrir la discussion sur les concepts de culture et d’empowerment propres à ces milieux, et évoqueront les limites qui se posent à cet égard aux intervenants sociaux et aux professionnels du monde scolaire.

Résumé de la présentation : Victimes et concept de victime

Le conférencier abordera d’abord l’historique de l’usage du mot victime, pour ensuite en développer l’évolution du contenu jusqu’au 20e siècle. Une fois ce portrait dressé, il sera approprié de présenter une définition contemporaine. Une fois celle-ci déterminée, un bref portrait de la victimisation au Canada sera suivi d’un exposé sur les droits de ces victimes et leur prise en compte par le politique.
En conclusion, une analyse du processus politique de la reconnaissance de ces droits sera présentée dans un contexte de justice réparatrice.

BLOC B

Service de médiation auprès des aînés : réussites et leçons tirées de la prestation de services de résolution de conflit spécialisés pour les adultes plus âgés

[En anglais]
Auteurs:
  • Mme Wendy Meek, praticienne en justice réparatrice, Community Justice Initiatives of Waterloo Region

Résumé de la présentation :

C’est dans la région de Waterloo, en Ontario, au Canada, en 1974, qu’a eu lieu la première médiation victime-délinquant. L’organisme Community Justice Initiatives of Waterloo Region (CJI) s’est déployé depuis lors, pour devenir une organisation unique qui applique des interventions de justice réparatrice à de nouveaux concepts – réinsertion à la suite d’une incarcération, traumatisme à la suite d’une agression sexuelle, etc. Au-delà de ses programmes, CJI a également mis en œuvre un principe de collectivité juste où l’approche initiale en matière de conflit, de crime et d’abus est de nature réparatrice.
Un des programmes novateurs de CJI est son service de médiation auprès des aînés, qui offre aux adultes plus âgés, à leur famille, à leurs soignants et aux autres personnes de leur entourage un processus sécuritaire et respectueux en matière de résolution des conflits et d’intervention contre les mauvais traitements à l’égard des aînés. Ces enjeux freinent aussi les familles en ce qui a trait à la prise de décisions fondamentales ayant des répercussions sur la vie et le bien-être des aînés. Nous parlons quotidiennement avec des aînés et leur famille au sujet des mauvais traitements et de situations conflictuelles extrêmement complexes qui ont brisé leurs liens familiaux. Lorsque les relations qui servent de piliers à l’aîné sont à risque, cela vulnérabilise celui-ci.  
Dans le cadre de cette présentation, qui prendra la forme d’une conférence, on présentera les besoins dont il faut tenir compte dans le cadre de la prestation de services expressément destinés aux adultes plus âgés aux prises avec des conflits ou des problèmes de maltraitance, ainsi que les approches spécialisées mises en œuvre pour faciliter le déroulement des réunions conjointes. Au moyen de récits et d’exemples, la présentatrice mettra aussi en évidence les réussites et les leçons tirées de la prestation de ces services.

Prendre le chemin de la médiation sociale : quel(s) défi(s) pour les usagers?

Auteurs:
  • Mme Véronique Strimelle, professeure agrégée à l’Université d’Ottawa.
  • Mme Alice Jaspart, professeure agrégée à l’Université d’Ottawa

Résumé de la présentation :

L’atelier vise à réfléchir collectivement aux pratiques de médiation sociale ou community mediation en s’intéressant particulièrement aux chemins et aux cheminements qui mènent à la médiation ainsi qu’aux possibles « défis » que peuvent y rencontrer les usagers. Au départ de données récoltées auprès de services de médiation sociale « citoyenne », de médiation « interculturelle » et de médiation dans la communauté universitaire, nous nous intéresserons aux « premiers contacts » entre personnes aux prises avec un conflit interindividuel et médiateurs. Nous chercherons à voir ce que ces contacts révèlent des situations et perceptions des personnes qui frappent à la porte d’un service de médiation, de leurs attentes et demandes ainsi que des rôles susceptibles d’être pris par les médiateurs à ce stade du processus. Par ces questionnements, nous espérons faire émerger, durant l’atelier, des témoignages et des récits d’expériences permettant d’augmenter la réflexion et la réflexivité sur les conditions favorisant le recours à la médiation sociale.

BLOC C

De la responsabilisation à la réparation en contexte de violence conjugale masculine

Auteurs:
  • M. Robert Ayotte, directeur du Centre d’intervention pour hommes aux comportements violents L’Accord Mauricie
  • Mme Nancy Gough intervient en violence conjugale masculine depuis plus de 25 ans. Elle a mise sur pied la Maison d’aide et d’hébergement L’Émergence
  • Mme Monic Caron, directrice de la Maison d’aide et d’hébergement où elle œuvre maintenant depuis plus de 25 ans

Résumé de la présentation :

Au Québec, quelque 25% des infractions contre la personne sont commises dans un contexte conjugal. La présentation abordera entre autres : la détresse des personnes exposées à ces violences, les moyens qui pourraient permettre d’obtenir «réparation»; l’importance de la reconnaissance de responsabilité chez l’agresseur; les dénominateurs communs à nombre d’agresseurs conjugaux, dont la recherche d’une responsabilité partagée et le recours à diverses justifications; les moyens de déconstruire ces justifications; les préoccupations particulières qui devraient encadrer la pratique de la justice réparatrice dans ces situations

Éducation en matière de justice réparatrice : Outils et expériences de la salle de classe

[En anglais]
Auteurs:
  • Mme Alana Abramson, chargée de cours en criminologie, Université polytechnique de Kwantlen; coordonnatrice, projet Alternatives to Violence; formatrice en justice réparatrice, initiatives de justice communautaire de la région du Fraser; et experte-conseil, Crisis and Trauma Training Institute
  • Mme Barbara Tomporowski, analyste principale des politiques, ministère de la Justice de la Saskatchewan; coprésidente, Groupe de travail fédéral-provincial-territorial (FTP) sur la justice réparatrice; professeure de justice réparatrice, Université de Regina

L’institutionnalisation de la justice réparatrice dans les écoles : Comprendre le changement organisationnel

[En anglais]
Auteurs:
  • Mme Diane Crocker, professeure agrégée, Département de sociologie et de criminologie, Université Saint Mary’s
  • M. Scott Russell, étudiant à l’Université Saint Mary’s

Résumé de la présentation : Éducation en matière de justice réparatrice : Outils et expériences de la salle de classe 

[En anglais]
La séance fait appel à l’expertise en milieu universitaire et professionnel ainsi qu’à l’expérience personnelle des conférencières dans le domaine des cours sur la justice réparatrice et la médiation dispensés au niveau universitaire. Il y aura également échange d’information sur l’élaboration de programmes de justice réparatrice, y compris la médiation par les pairs et les démarches de « l’école dans son ensemble » aux niveaux élémentaire et secondaire. La séance décrira les approches de transformation dans l’éducation en matière de justice réparatrice et fera ressortir l’importance d’utiliser des méthodes d’enseignement qui cadrent avec les valeurs, les principes et les pratiques de la justice réparatrice. L’exposé décrit les approches de transformation de l’éducation réparatrice et leurs liens avec des questions plus générales comme la citoyenneté, les relations saines et la lutte contre l’intimidation. Il aborde les défis de l’enseignement de la justice réparatrice dans les milieux éducatifs traditionnels, souligne ce que les conférencières ont appris de leur expérience d’enseignement et fait part des outils et des stratégies pour l’éducation des étudiants de manière à refléter les valeurs, les principes et les pratiques de la justice réparatrice. Il fournit des exemples pratiques et traite de la puissance transformatrice des méthodes de justice réparatrice dans les salles de classe. Les participants peuvent s’attendre à être initiés à la théorie et à la pratique des approches de justice réparatrice appliquées à l’éducation et à se voir proposer des idées et des outils concrets à mettre en pratique dans leur propre milieu pédagogique.

Résumé de la présentation : L’institutionnalisation de la justice réparatrice dans les écoles : Comprendre le changement organisationnel

[En anglais]
Depuis quelques années, la justice réparatrice est devenue une solution de rechange viable aux approches de tolérance zéro en matière de discipline dans les écoles. Grâce à la justice réparatrice dans les écoles, on tend à ne plus percevoir les problèmes de comportement comme une « violation des règles » et à se concentrer plutôt sur les effets négatifs des comportements.
Le passage de la tolérance zéro à la justice réparatrice constitue un changement énorme pour les administrateurs scolaires et les enseignants. Dans le cadre de l’exposé, on examine en détail le processus de changement au moyen d’une étude de cas sur une école en Nouvelle-Écosse (Canada) qui a adopté les principes de la justice réparatrice. L’exposé décrira la façon dont l’école, qui misait sur les punitions et les récompenses, est devenue celle qui incarne les principes et les pratiques de la justice réparatrice.
Au cours de l’exposé, nous dessinerons un cadre appelé « sens de la logique critique » conçu pour comprendre le changement organisationnel afin de renforcer notre compréhension de ce qui est arrivé à l’école dont nous avons étudié le cas. Nous répondons à la question suivante : « Comment les enseignants donnent-ils un sens à la transition vers la justice réparatrice? » Nos réponses aideront à guider les personnes intéressées à transformer une organisation en un environnement davantage axé sur l’approche réparatrice.

Questionnaire Jagtam en agirs délictueux : outil complémentaire d’intervention en justice réparatrice

Auteurs:
  • M. André Therrien, psychosociologue et concepteur de la Gestion expérientielle (1986), approche originale d’intervention sociale
  • M. Alain Desmarais, directeur MAVN
  • Mme Maïli Daigle, titulaire d’une maîtrise en psychoéducation et candidate au doctorat en psychologie clinique à Université du Québec en Outaouais

De travaux communautaires à démarche de réparation : genèse d’une transformation de pratique au sein des organismes de justice alternative (ROJAQ)

Auteurs:
  • M. Pierre Marcoux, directeur du Pont et président du Regroupement des organismes de justice alternative du Québec
  • Mme Isabelle Jean, intervenante, Ressources alternatives Rive-Sud

Résumé de la présentation : Questionnaire Jagtam en agirs délictueux : outil complémentaire d’intervention en justice réparatrice

Le psychosociologue André Therrien a développé une approche d’intervention tenant compte de la dynamique des expériences de plaisir et de douleur-souffrance. L’un des outils de réflexion est le questionnaire JAGTAM© basé à l’origine sur les modes de vie Tamanoir et Jaguar au Brésil (Curt Nimuendajú, anthropologue).
Entre 2005 et 2015, Mesures alternatives des Vallées du Nord (MAVN) et l’Association québécoise de la Gestion expérientielle (AQGE) ont créé conjointement le Jagtam en agir délictueux© en fonction d’une population adolescente présentant des comportements délictueux. Une étude préliminaire a permis de créer la première version et celle-ci fut ensuite améliorée lors d’une consultation avec les intervenants des OJA du Québec.
Le questionnaire Jagtam en agir délictueux© établit six profils d’intention de comportements (le Jaguar, le Tamanoir, le Serpent, l’Aiglon, la Hyène et le Caméléon). Chacun fait référence à un répertoire de caractéristiques impliquées dans la prise de décision chez les contrevenants et permet un accompagnement plus judicieux dans leurs mesures de réparation ainsi que dans leurs prises de décision futures.
L’atelier prévu lors du Symposium prévoit présenter la démarche et les résultats préliminaires liés au questionnaire Jagtam en agir délictueux©.

Résumé de la présentation : De travaux communautaires à démarche de réparation : genèse d’une transformation de pratique au sein des organismes de justice alternative (ROJAQ)

La mesure de travaux communautaires dans le système de justice pénale pour adolescent existe depuis plus de trente ans. Depuis, une multitude de recherches ont fait état de la perte de sens et la coexistence de plusieurs objectifs contradictoires. Fort de ces constats, le ROJAQ a procédé à une refonte des pratiques afin de redonner un véritable sens de réparation, aux mesures que nous administrons. La présentation fera état des constats de départ, de la méthode de travail et des impacts pour la mesure de travaux communautaires.
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BLOC D

Nouvelle loi et nouvelles opportunités pour l’intervention?

Auteurs:
  • Mme Sylvie Hamel, professeure au département de Psychoéducation à l’Université du Québec à Trois-Rivières et chercheuse au Centre international de criminologie comparée

Les tentatives d’implantation d’un programme inédit de médiation pénale en justice pour les adolescents au Québec

Auteurs:
  • M. Pascal Dominique-Legault, candidat au doctorat et assistant de recherche
  • Mme Catherine Rossi, professeure, Université Laval, Québec

Résumé de la présentation : Nouvelle loi et nouvelles opportunités pour l’intervention?

Les changements que la LSJPA entraînent avec elle font face encore aujourd’hui à un certain nombre d’obstacles. Ces derniers seraient reliés notamment et apparemment à quelques réticences à l’endroit du travail des organismes de justice alternative, ou encore à une méconnaissance des objectifs de leur intervention.
C’est pourquoi cette présentation veut revenir sur les fondements de la justice réparatrice pour explorer ensuite les champs de la psychologie communautaire et du développement social communautaire. La conférencière souhaite ainsi illustrer comment la cible communautaire peut être utile et complémentaire pour favoriser le développement des jeunes, peu importe qu’ils soient délinquants ou non.

Résumé de la présentation : Les tentatives d’implantation d’un programme inédit de médiation pénale en justice pour les adolescents au Québec

En 2009, les Centres jeunesse et les Organismes de justice alternative du Québec ont créé conjointement un projet pilote de médiation pénale destiné aux adolescents judiciarisés et à leurs victimes, à l’étape du prononcé de la peine, pour les cas d’infractions les plus graves. La pratique, nommée « Dialogue au moment du rapport pré-décisionnel » (D-RPD), intervient à un moment bien particulier du processus judiciaire : après que le contrevenant ait été déclaré coupable, mais avant le choix de la peine. Si la phase de pilotage du projet est officiellement terminée, que certaines organisations donnent leur feu vert au développement de cette initiative, l’implantation du programme demeure un réel défi, puisque certaines institutions se questionnent activement sur l’articulation et les enjeux d’un tel programme. Cette présentation permettra de faire état, sous forme de propos d’étape, de quelques résultats intermédiaires d’une recherche, débutée en 2013, visant à explorer, à l’aide d’une démarche exploratoire qualitative, les perceptions d’une soixantaine de participants (professionnels et bénéficiaires), répartis dans quatre régions du Québec. Une réflexion sur une mutation importante visant les pratiques de D-RPD, constatée depuis leur conceptualisation initiale, sera à l’ordre du jour.

Place et rôle de l’émotion en justice réparatrice : Étude du cheminement émotionnel d’ex-contrevenants dans un processus réparateur

Auteurs:
  • Céline Fantini, titulaire d’une maîtrise en droit criminel et d’une maîtrise en criminologie

Dans l’âme des rencontres restauratives : l’effet « Argo » ou le parcours identitaire des participants

Auteurs:
  • M. Erwan Dieu, criminologue clinicien et co-directeur de l’Observatoire des violences (ARCA), chercheur en psycho-criminologie au laboratoire CIAPHS de l’Université de Rennes 2
  • Mme Astrid Hirschelmann, maître de conférence en Psychopathologie et Criminologie, directrice adjointe du centre interdisciplinaire d’analyse des processus humains et sociaux, Université Rennes 2

Résumé de la présentation : Place et rôle de l’émotion en justice réparatrice : Étude du cheminement émotionnel d’ex-contrevenants dans un processus réparateur

Après avoir abordé dans un premier temps la question de la place et du rôle de l’émotion en justice réparatrice, la conférencière présentera les résultats de sa recherche universitaire traitant du cheminement émotionnel d’ex-contrevenants engagés dans un processus de justice réparatrice. Si des études s’intéressent aux trajectoires de vie de criminels engagés dans un processus réparateur, aucune n’approfondit leurs « trajectoires de vie émotionnelle » bien que l’expression émotionnelle au sein d’expériences de justice réparatrice ait été décrite comme étant garante de l’efficience des expériences voire comme un préalable à ces dernières.
Quatre anciens contrevenants ayant réalisé une expérience de justice réparatrice (Rencontres-Détenus-Victime, et/ou face-à-face, ou réparation directe avec leur victime) ont été interviewés. L’analyse des données empiriques met en évidence deux périodes émotionnelles distinctes chez les ex-contrevenants : un cheminement en état de « fermeture » puis d’« ouverture » émotionnelle. Pour chaque état émotionnel sont présentés les différentes composantes émotionnelles qui les constituent (émotions/cognitions/comportements) et les changements émotionnels qui en résultent. La transition entre le passage d’un état de fermeture à un état d’ouverture émotionnelle, ainsi que l’expérience de justice réparatrice, ont été minutieusement étudiées. De ces analyses a émergé le concept de « point tournant émotionnel », clé de voûte du cheminement car constituant un préalable à la participation à un programme réparateur, et le baromètre de l’effet réparateur des expériences.

Résumé de la présentation : Dans l’âme des rencontres restauratives : l’effet « Argo » ou le parcours identitaire des participants

Qu’est-ce que la « restauration » des protagonistes ? Après avoir supervisés pendant trois ans un programme de Justice restaurative, nous avons modélisé l’effet « Argo ». S’arrêtant de port en port pour remplacer une pièce jusqu’à l’absence de matériau d’origine, le voyage du navire d’Argo questionne l’identité finale du bateau : est-il toujours le même navire ? Les mouvements identitaires progressifs traversés dans la Justice restaurative soulèvent la même interrogation : que traversent les sujets et sont-ils toujours les mêmes ? La proposition d’expérimenter son schéma de valeurs revient à placer l’individu au carrefour de différents axes identitaires (passé-antérieur/futur-substitutif, moi/autrui, incertitude). La relation entre les acteurs connait trois phases et chacune d’elles demeure essentielle dans l’expérience nietzschéenne de soi-même : « amor fati » (accepter sa fatalité), « se créer liberté », « deviens qui tu es ».
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